C'est l'Université Mohammed V-Agdal qui a été choisie pour l'organisation du séminaire inter-maghrébin sur les transferts de technologie et les accords de licence, qui s'est ouvert lundi matin.
Forte du dynamisme de ses laboratoires publics, l'Université Mohammed V-Agdal, se pose désormais en fer de lance du programme de développement et d'approfondissement des transferts technologiques au Maghreb.
L'ouverture de la conférence s'est faite en présence de M. Riley, ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique, qui contribue principalement avec le Commercial Law Development Program à former les cadres en matière de licences technologiques.
En effet, les trois ambassades américaines au Maghreb ont coordonné leurs efforts pour mettre en oeuvre une politique d'assistance technique pour la promotion de l'innovation et de la protection intellectuelle dans les trois pays.
Aziz Bouazzaoui, directeur général de l'Office marocain de la propriété Industrielle et commerciale a rappelé en ce sens, que la lutte contre la contrefaçon était une priorité nationale. En effet pour lui, ce fléau ampute gravement les capacités économiques du Maroc et plus largement du Maghreb. Après s'être félicité du choix de l'Université Mohammed V-Agdal pour tenir cette conférence, il s'est réjoui de la volonté de rapprochement maghrébin. Il a, pour finir, souligné l'importance de faire tomber les barrières actuellement dressées entre le monde de la recherche, du savoir et celui de l'entreprise, des affaires, selon lui caractéristiques de la culture universitaire maghrébine.
Les efforts portés dans les trois pays du Maghreb sur l'enseignement, la recherche scientifique et le développement technologique, ont généré selon les intervenants anglo-saxons, de fortes potentialités qui ne demanderaient qu'à être exploitées.
L'université Mohammed V-Agdal, avec sa Faculté des sciences, son Institut scientifique, son Ecole d'ingénieurs, son Ecole Supérieure de Technologie, représente en tout état de cause, un centre d'impulsion à l'échelle maghrébine.
Les participants du séminaire ont toutefois laissé poindre quelques divergences sur le rôle qui revenait à chacun dans le processus encouragé par le Commercial Law Devlopment Program, de rapprochement entre recherche et entreprises. Certains évoquent la figure surprenante du chercheur-entrepreneur, d'autres, plus conformes à la tradition maghrébine évoquent une vision plus ponctuelle d'échanges entre deux domaines distincts.
Ils ont en revanche dit à l'unisson la nécessité de former des spécialistes de la propriété intellectuelle dans les administrations mais aussi au sein des avocats d'affaires comme le reflétait la composition de chaque délégation maghrébine.
Les spécialistes francophones du CDLP en lien avec la branche des Sciences Juridiques, Sociales et Economiques de l'Université Mohammed V-Agdal seront donc chargés de former les futurs négociateurs d'accords de licence. A termes, ils conduiront ou appuieront la valorisation stratégique des accords de licences conclus avec les entreprises à partir des résultats des recherches universitaires.
Source :Libération