Administrateur, directeur général de la filiale de Wincor Nixdorf (ex-Siemens Nixdorf) au Maroc, Said Wahbi évoque dans cet entretien les missions du « monitoring center » inauguré le 10 décembre dernier à Casablanca et destiné au Maghreb et à l’Afrique francophone.
Vous venez d’inaugurer un « monitoring center » à Casablanca. Quel est son rôle ?
Il s’agit d’une offre de service globale, modulaire et intégrée, permettant aux banques l’externalisation de toutes les étapes de la gestion de leur parc GAB (guichet automatique de banque). En partenariat avec les transporteurs de fonds, ce service permet aux banques d’avoir une disponibilité intégrale de leurs GAB. Nous y avons investi à ce jour 6 millions de dirhams pour l’édification du centre, le recrutement et la formation d’une équipe d’ingénieurs de haut niveau.
Un GAB performant peut prendre en charge plus de 70% des opérations qui se faisaient au niveau de l’agence.
Qu’apporte aujourd’hui le GAB dans la gestion bancaire ?
L’augmentation des profits et la réduction des coûts restent le dilemme quotidien de tout banquier qui se respecte. Confrontés à une contraction historique des marges sur intérêt et retenue dans sa tentation de jouer sur les commissions par les associations des consommateurs, la banque se voit obligée de diversifier ses canaux de distribution. Dans cette perspective, le guichet automatique bancaire (GAB), encore à ses débuts dans l’Afrique francophone, peut être une excellente alternative. Surtout si la borne électronique va plus loin que les simples opérations de retrait et de consultation de solde.
Quels sont les services supplémentaires que doivent faire les GAB ?
Le GAB peut jouer le rôle d’une agence bancaire. En plus des opérations classiques du money out, le client doit pouvoir aussi déposer son chèque, verser du cash, faire du change, faire du virement de compte à compte ou procéder à des opérations mobilières. Bref, un GAB performant peut prendre en charge plus de 70% des opérations qui se faisaient au niveau de l’agence. Soulagée par le transfert des opérations de caisse, l’agence peut se concentrer sur des rôles plus productifs comme la vente de produits et services bancaires à haute valeur ajoutée.
Casablanca vient d’être érigée par Wincor Nixdorf en centre de compétence pour le Maghreb et l’Afrique francophone. De quoi s’agit-il ?
Si la disponibilité du guichet automatique (24h/24) est en soi un gage de bon service, il faut que la machine soit parfaite. Un bon centre régional de surveillance doit assurer la continuité et la sécurité du service. Dans ce cadre, Casablanca a été choisie à l’instar de Singapour pour l’Asie, São Paulo pour l’Amérique latine, Austin pour les Etats-Unis et Paderborn (Allemagne) pour l’Europe, pour assurer le suivi du service au Maghreb et en Afrique francophone. Nous travaillons en général avec des intervenants agréés qui nous représentent sur place. En dehors des interventions à haut niveau et nécessitant la mobilisation du Computer Center casablancais, nous déléguons les interventions à ces partenaires locaux. Nos rapports sont basés sur le modèle allemand.
Qu’entendez-vous par modèle allemand ?
Je veux dire par là que nous fonctionnons avec nos partenaires suivant un modèle de business indirect. Les contrats de maintenance sont signés entre ces partenaires et le client. De cette façon, la valeur ajoutée reste dans le pays concerné. C’est un bon modèle de partenariat équitable. Nous travaillons avec des ingénieurs compétents et d’un très bon niveau en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Source: Les Afriques