Ce dimanche 6 janvier, c'était son dernier discours au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, la grande messe annuelle de l'électronique grand public. Un "show", comme seuls les patrons américains peuvent se les permettre, avec projection de vidéos et rock-stars à la tribune (en l'occurrence, Slash, ex-guitariste des Guns N'Roses).
A 52 ans, Bill Gates, le fondateur de Microsoft, quittera en effet définitivement l'éditeur de logiciels en juillet 2008 (Le Monde du 17 juin 2006). L'Américain, deuxième homme le plus riche au monde, restera président du conseil d'administration du groupe mais devrait se consacrer entièrement à la fondation humanitaire qu'il a créée avec sa femme, Melinda, à la fin des années 1990. Cette structure caritative travaille à éradiquer les pandémies dans le monde et c'est aujourd'hui l'une des mieux dotées, avec plus de 60 milliards de dollars (40,8 milliards d'euros).
Et comme l'homme reste une légende - un des pères de la micro-informatique dont le groupe, fondé en 1975 est l'une des plus belles réussites de l'informatique mondiale -, ses propos, dimanche, ont retenu l'attention.
"INTERFACES NATURELLES"
M. Gates a prédit une décennie d'évolutions technologiques encore plus rapide que la précédente. " La première décennie numérique a été un énorme succès. Mais ce n'est qu'un début : rien n'empêche que nous allions encore plus vite et encore plus loin durant la deuxième", a-t-il dit. Selon lui, si le clavier et la souris ont marqué la première décennie numérique, la deuxième sera dominée par les " interfaces naturelles", comme les écrans tactiles.
M. Gates a aussi beaucoup insisté sur le concept, aujourd'hui très en vogue, de "cloud computing" : les applications informatiques ne sont plus stockées sur le disque dur des ordinateurs personnels, mais quelque part sur le réseau, accessibles de n'importe quel poste. " Accéder à vos données partout sera considéré comme acquis", a-t-il dit.
Cette vision met à mal le modèle traditionnel de Microsoft, basé sur la vente de logiciels que l'utilisateur installe sur son propre ordinateur. Le géant américain (51 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2007) reste hégémonique sur le secteur des systèmes d'exploitation (Windows) ou sur les suites bureautiques (Office), avec une part de marché d'environ 90 %. Mais il a commencé sa mue pour diversifier ses sources de chiffre d'affaires.
Il s'est lancé dans les jeux vidéos au début des années 2000, avec la vente de consoles et de licences de jeux, et teste la génération de revenus publicitaires en ligne, avec la fourniture gratuite de services comme son portail web MSN ou Windows Live (avec ses applications de messagerie électronique, moteur de recherche...).
Source :lemonde.fr