Casablanca, sa mosquée, ses centres d’appels... et bientôt son Casashore ! Ce nouvel espace dédié aux activités BPO accueillera ses premiers locataires en 2007. Visite sur plan...
Tandis que de nombreuses entreprises délocalisent ou externalisent leurs productions, des initiatives voient le jour sous l’impulsion des gouvernements ou pour maintenir l’emploi ou attirer de nouvelles sociétés. En France, les pôles de compétitivités jouent ce rôle. Au Maroc, Casablanca possède désormais son quartier d’affaires dénommé Casashore, suite à l’initiative d’une entreprise privée et avec le soutien du Royaume.
Si 38000 m2 de bureaux seront cessibles dès novembre 2007, c’est au final plus de 220000 m2 qui seront offerts en 2010 aux entreprises désirant s’installer sur le futur site de Casashore. Avec un investissement privé de près de 270 millions de $, l’objectif est d’accueillir 30000 emplois à terme. Bien que le projet soit purement privé, le royaume chérifien a souhaité participer à la création de ce complexe immobilier et proposera tout un panel d’exonérations aux « primo accédants ». Des mesures incitatives seront effectives à partir de janvier 2007 à partir du moment où la société s’est engagée (signature de promesse de bail et réservation). Frais de douane réduit à 2,5 % pour le matériel et logiciels informatiques et télécoms, IS à 0%pendant les 5 premières années et 50 % d’abattement par la suite, subvention de formation pour toute recrue marocaine... La liste des avantages fiscaux rivalise avec celle des infrastructures et services proposés aux locataires : remise sur les telecoms, guichet unique, transport, restauration...
Bien que la surface d’accueil en impose, Casashore n’hébergera pas pour autant n’importe quelle société ou activité. « Nous souhaitons accueillir des sociétés françaises ou européennes désireuses de délocaliser ou susceptibles de créer de l’activité liée au Business Process Outsourcing (BPO) tout comme les entreprises spécialisées en externalisation ou celle qui souhaite investir ce créneau au Maroc » précise Naim Temsamani, Directeur général de Casashore. A ce jour, ce dernier ne peut citer le nom des premiers bailleurs, cependant Axa pourrait bien figurée sur la liste des prétendants. Quant aux centres d’appels, prestataires off-shore de la relation client, ces derniers ne sont pas éligibles en tant que locataire. Seules les entreprises apportant dans leurs cartons tout un process d’activité pourront s’établir à Casashore. « Un centre d’appels pourra être accueilli dans Casashore uniquement s’il constitue une brique d’un service délocalisé ».
Autre ombre au tableau pour les centres de contacts existants, Casashore pourrait phagocyter les ressources humaines déjà formées et présentes dans la capitale économique du pays. Avec la venue de SSII et autres activités, des emplois bien plus attractifs risquent d’attirer les jeunes diplômes obligés de travailler sur une plate-forme téléphonique. Naim Temsamani se veut pour autant rassurant : « avec le fort taux de chômage au Maroc, il n’y a pas de risque ». Le gouvernement semble bien de cet avis. D’autant plus que hormis les créations d’emploi attendu, la contribution à la balance commerciale et au PIB est estimée à 550 millions de $ à l’horizon 2015, de quoi ne pas laisser indifférent...
Dan Diaconu
phonethik